La non révolution de l’autodépistage !

Celui-ci a été annoncé comme la révolution médicale de la rentrée 2015 : l’autotest de dépistage du VIH est en vente libre dans toutes les pharmacies françaises. Une grande avancée dans la prévention et le dépistage pour certains, une erreur qui relève de l’éthique pour d’autres. Les polémiques soulevées par cette mise à disposition du grand public étaient prévisibles tant le sujet est sensible. Tour d’horizon des autotests de dépistages et de leurs travers !

La prolifération des autotests
Si l’autotest de grossesse fait figure de dinosaure dans le paysage des outils personnalisés de dépistages, c’est celui de la lecture de la glycémie qui caracole en tête des ventes d’autotest en France.
Les autotests de dépistage fleurissent sur les marchés et plus particulièrement aux Etats-Unis. Néanmoins la France n’est pas en reste avec la sortie en février dernier d’un autotest permettant le dépistage pour la fertilité masculine.

Ces derniers ont généralement la forme de test de dépistage rapide (TDR). Ils permettent grâce à des réactions chimiques par immunoprécipitation sur membranes ou immuno-chromatographie sur bandelettes de faire apparaître le résultat sous forme de coloration. Ces tests sont réalisables en quelques minutes seulement et le plus souvent par le patient lui-même.

Un volet éthique et psychologique à ne pas négliger
Et c’est bien là que réside le problème ! – notamment pour des pathologies telles que le VIH. En effet, la prise de connaissance d’une telle nouvelle par un individu isolé est extrêmement traumatisante et peut entraîner de nombreux comportements néfastes pour le sujet lui-même et sa prise en charge. L’accompagnement et l’encadrement qu’exige l’annonce de cette maladie ne peuvent être négligés. Le risque est ainsi double !
Si certains pourraient décider de sciemment négliger une grave maladie et de ne pas se faire assister par le corps soignant d’autres pourraient paniquer en découvrant qu’ils sont porteurs d’une mutation sans pour autant être susceptible de développer la maladie. Ce cas se pose notamment aux Etats-Unis avec l’autotest de maladies génétiques.
Ce décalage de législation entre les différents pays reste également problématique car elle peut pousser les consommateurs à acheter des autotests sur Internet. Or, à l’instar de la vente de médicaments en ligne, il faut rester très vigilant sur ces produits. Si Internet est un outil formidable, le pire y a aussi trouvé sa place.

Autre paramètre pointé par les détracteurs des autotests : leur non remboursement. Vendus sans ordonnance en pharmacie, les autotests sont que rarement remboursés contrairement aux analyses en laboratoire qui le sont la plupart du temps.

L’analyse, la prise en charge et plus simplement les mots qui accompagneront une possible tragique nouvelle sont un réel métier qui requièrent des compétences certaines. La capacité de rendre accessible au plus grand nombre et le plus simplement possible une meilleure appréciation de son état de santé reste un progrès indéniable, dont il faut toutefois garder en tête ses limites.