«Désolé mais votre médicament est indiqué manquant» : ruptures de stock dans les officines

Avec près de 300 références de médicaments en « rupture de stock », la pénurie qui sévit depuis plusieurs mois dans les pharmacies françaises devient de plus en plus préoccupante. Surtout lorsque l’on se penche d’un peu plus près sur le listing produit par l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM). Quelles sont les causes de cette inquiétante situation ?

Une situation préoccupante
Ces pénuries de médicaments ont doucement commencé en 2008 et n’ont cessé de s’intensifier depuis. En sept ans, le nombre de médicaments manquants a été multiplié par dix selon l’ANSM !
Médecins et pharmaciens sont quotidiennement désemparés face aux patients. Certains d’entre eux ont même alerté l’ANSM sur cette situation qui ne peut durer. A cette alerte sanitaire des mises en demeure ont aussi été adressées aux fournisseurs.
D’autant que parmi ces médicaments en rupture de stock, on retrouve des traitements assez lourds ou rares que les patients ne peuvent interrompre. On parle notamment de médicaments anticancéreux, des immunosuppresseurs, contre le VIH, contre la maladie de Parkinson, pour les maladies cardiovasculaires et l’hypertension.
Si des traitements de substitution sont mis en place, ces derniers perturbent sérieusement les malades notamment de par leurs effets secondaires.

Des facteurs multiples
Plusieurs facteurs sont responsables de ces ruptures de stock.
Tout d’abord les pénuries ponctuelles de matières premières qui composent ces médicaments. Des dysfonctionnements sur la chaîne de production corrélés à une demande en hausse peuvent aussi être mis en cause dans ces difficultés d’approvisionnement.
Néanmoins, il semble que la raison principale de cette absence de médicaments provienne des laboratoires pharmaceutiques. En effet, ces derniers limitent le stock des grossistes afin qu’ils ne les revendent pas aux pays étrangers où les marges sont plus importantes que dans l’Hexagone. En limitant leurs livraisons, les laboratoires mettent en danger la santé de leurs consommateurs.

Un marché qui devrait être mieux réglementé
Selon un rapport du Haut Conseil de la santé publique datant de février (et mettant notamment en avant les difficultés d’approvisionnement pour le vaccin de la coqueluche), cette pénurie devrait perdurer tout au long de l’année 2015.
Un manque qui devrait être corrigé par la loi santé de Marisol Touraine qui prévoit un meilleur encadrement des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur et de leur disponibilité. En revanche, il faudra être patient, car cette loi votée en avril dernier, sera examinée qu’en septembre prochain.
Nous avons donc encore quelques mois de pénuries devant nous…