Quand la santé devient connectée

Il est loin le temps où les instruments médicaux « technologiques » se cantonnaient au thermomètre, à la balance et pour les plus pointus d’entre nous, au tensiomètre. Aujourd’hui, il ne se passe plus une semaine sans qu’une application mobile ou un objet connecté ne fasse la Une de revues médicales.

Ne serait-ce que depuis le 1er janvier de grandes étapes ont été franchies : première opération avec les Google Glass, premier live tweet d’opération cardiaque, mesure du brossage des dents, de vos cycles de sommeil, fourchette connectée … Bienvenue dans le monde digitalement magnifique du wearable tech.

Les applications de santé et de bien-être : un marché en pleine expansion
Miracles technologiques : du bracelet mesurant l’activité physique et le sommeil de l’utilisateur à la lentille de contact pour aider les diabétiques en passant par l’éthylotest connecté au Smartphone, il y a en a pour tous les goûts et toutes les utilisations.
Aujourd’hui, vous pouvez analyser le moindre de vos faits et gestes (externes et internes) et avoir dans le même temps des recommandations et/ou rappels sur autant de sujets qu’il existe de pathologies.
Ces nouveaux objets ouvrent la voie à un nouveau mode de vie, qui se veut plus respectueux de l’individu et de ses besoins physiologiques. Une excellente nouvelle, lorsqu’on voit les récents chiffres sur le burn-out. Vérité criante des actifs qui s’ignorent.

Selon certaines études les objets médicaux connectés représentaient 60% du marché des objets connectés portables ! Ce marché représentait 2 milliards de dollars en 2012 et devrait atteindre les 7,5 milliards d’ici 2018. Il semble donc que nous ne soyons pas au bout de nos surprises.

Des avantages … mais aussi quelques inconvénients
Les objets connectés ont bien entendu la vocation d’aider les patients à améliorer leur santé et corriger les mauvaises habitudes. Néanmoins, il est important d’identifier les potentielles dérives de cette home made médecine.
En premier lieu l’automédication. Maintenant que l’on peut littéralement collectionner les graphiques biologiques, la tentation de l’auto prescription n’est pas bien loin. Prudencedonc, car même si l’utilisation de ces objets est simple, l’interprétation des résultats et la mise en place de solutions restent du domaine du médecin.
Et toutes ces données, justement, elles vont où ? Là est le problème. Tous ces jolis graphiques sont en effet la visualisation de nombreuses données personnelles. Pour le moment ces données sont conservées par les développeurs qui s’en servent (uniquement ?) pour améliorer davantage encore leurs produits. Il semble néanmoins légitime de faire un parallèle entre ces nouvelles plateformes et les récentes mises en cause des réseaux sociaux quant à la protection des données privées. Aujourd’hui ces objets et applications ne tombent pas sous le coup du législateur, enfin pas encore … Affaire à suivre !
Autre point, alors que de plus en plus de voix s’élèvent contre les ondes électromagnétiques, quant-est-il des objets connectés ? Le sujet fait toujours débat notamment sur les portables et antennes relai. De multiples études ont été menées sans que pour autant qu’une réponse claire soit donnée au grand public. Gardons donc en tête le principe de précaution en tête et il y a fort à parier que de telles commodités, le prix à payer ne soit pas anodin.

Que ce soit pour aider à conserver ou retrouver une santé de fer, pour assister le personnel soignant ou pour faire de la prévention, l’internet des objets s’est largement emparé du secteur médical. A l’instar de toute évolution technologique, c’est à l’utilisateur, seul joueur et juge, de trouver le bon équilibre.